BIOGRAPHIE
La pub de la petite bouteille envoyée
comme une balle de flipper ou sur des montagnes russes à
fond la caisse, c'est signé Chabat (da bada) au même
titre que Didier
son premier long
métrage. Est-il nécessaire de présenter
Alain Chabat, ex-Nul avec Dominique Farrugia, Chantal Lauby et feu
Bruno Carette, école de RMC, débuts déconnants
sur CANAL + avec
Objectif Nul, enchaînement
avec Les Nuls L'Emission. L'humour tendance provoc, scato
et les prouts de Mizou Mizou ont fait la réputation des Nuls.
De l'écriture des sketches aux détournements
de pubs, Alain Chabat s'est dirigé tel le somnambule vers
le cinéma comme attiré par le fluide hypnotique du
Professeur Apfelglück avec Thierry Lhermitte en 1991 et en
1994 co-écrit avec ses potes le scénario de La Cité De La Peur. Il joue la même année
pour Diane Kurys dans A
La Folie. Pour
Gazon Maudit réalisé par Josiane
Balasko avec Victoria Abril, il sera nominé aux Césars
dans la catégorie meilleur acteur. On se diversifie avec
un rôle tout en costume dans le Beaumarchais d'Edouard Molinaro, pour revenir à quelquechose
de très contemporain, dans le Delphine 1- Yvan 0 de Dominique Farrugia qui lui aussi veut faire des films
(1996).
Un autre rôle qui n'a rien à voir avec l'esprit des
Nuls est donné par Alain Corneau dans Le Cousin
, où il joue un flic avec Patrick Timsit, l'indic. Toujours
en 1997, Alain Chabat écrit, réalise et interprète
Didier, le bon toutou genre Labrador qu'il a dû être
dans une vie antérieure. Jean-Pierre Bacri est le maître
de Didier-Chabat et l'allégorie zoophile fonctionne bien.
Est-ce la femme qui aime le chien ou le chien qui veut piquer la
femme de son maître ?
>
Son parcours
Il est né le 24 novembre 1958 à Oran (Algérie).
Sa famille arrive en France en 63 et s’installe à Massy en
banlieue parisienne. Alain est un élève plutôt
turbulent, il quitte 12 écoles de la 6ème à
la terminale. Passionné de BD, il veut devenir dessinateur
et créer une BD à la radio. Autre alternative pour
son avenir : faire de la musique et devenir chanteur de rock (à
Massy, il a pris des cours de guitare classique avec Paco Ibanez)...mais
il ne se trouvait pas assez rock avec ses lunettes et ses cheveux
en l’air. Donc finalement, il se fait engager sur RMC et il
y reste. Il y rencontre Pierre Lescure et le suit ensuite aux Enfants
du rock puis sur Canal+ (84). Il débute en bombardant la
météo de sketches, puis en animant « Prochainement
sur Canal+ ». A la fin des années 80, il rencontre
Chantal Lauby, Dominique Farrugia et Bruno Carette, ils forment
les nuls. Ils enchaînent les émissions, font une pause
après la mort de Bruno et reviennent sur Canal avec «
L'émission ». Ils arrêtent la télé
en mars 92 pour l'écriture de leur film: « La cité
de la peur » sort le 9 mars 94, c’est un succès. Ils
font également une saison à la radio sur Europe1 (95).
Après « La cité de la peur », Alain
prend son envol tout seul en jouant pour la première fois
tout seul dans le film de Josiane Balasko « Gazon maudit »
en 94 (4 millions de spectateurs) et en réalisant son 1er
long métrage: « Didier » sorti en janvier 1997
ou il jouait un labrador aux cotes de J-P Bacri, Isabelle Gelinas,
Caroline Cellier.
> En vrac Il
a 3 enfants. Il réalise les spots de pub « Orangina
» couronnés par le grand prix du jury de Stratégie
et le Sept d’or de la meilleure campagne publicitaire. Il a
écrit le scénario du dernier album de Rank Xerox.
Son adolescence a été baignée dans le
rock, la B.D. et la science fiction. Il adore les ZAZ (Zucker-Abrahams-Zucker),
les Monty Python, Groucho Marx. Il aime le rap, « depuis
que le hard a perdu de l'énergie pour tomber dans la merdouille
» (son disque culte de rap : run DMC / Aerosmith).
> Portrait
d'Alain Chabat par Véronique Krahenbuh
Dans une autre vie,
Alain Chabat était chien. Aujourd'hui, il joue les andrologues
dans "La Débandade" de Claude Berri. Une erreur
de parcours qui sera certainement vite effacée par le
prochain film d'Agnès Jaoui, "Le Goût des
Autres", dans lequel il apparaît au côté
de son ami Jean-Pierre Bacri.
L'œil vif et le sourire malin, Alain Chabat ne peut s'empêcher de faire le cabot. Il rigole
d'un rien. Tout et n'importe quoi l'amuse, de Dumb & Dumber
avec Jim Carrey dont il ne se lasse pas à Louis De Funès
en passant par Groucho Marx. Avec lui, l'humour canin se pratique
comme un sport. Une gymnastique de chaque instant, un sens de la
dérision qui bondit et rebondit dans un fou rire, un regard
capable de changer le réel et qui permet de voir derrière
une tuile aux amandes une tranche de jambon grillée.
Tombé du ciel, tel un météore, dans la météo
de Canal+, il a fait ses armes sur un nuage. Les Nuls le révèlent
en jarretelles et string aux côtés de Chantal Lauby,
du regretté Bruno Carette et de Dominique Farrugia, c'est
une explosion d'impertinence, celle qui fera les plus belles heures
de la chaîne cryptée.
Sûr que l'animal a des talents
d'acteur. Diane Kurys lui offre un vrai rôle dans A la Folie,
Alain Berberian avec La Cité de la Peur lui permet de conduire
la Safrane mieux que dans la pub et Josiane Balasko, qui a du flair,
lui pique sa femme (Victoria Abril) dans Gazon maudit. A partir
de ce succès, l'étiquette "comédien"
lui est collée, à juste titre, sur le front. De quoi
se sentir pousser des ailes pour franchir un nouveau pas. Après
s'être fait les crocs en réalisant des pubs pour Orangina,
il réalise son premier long métrage en 1997, Didier,
un fantasme zoophile sur la bête qui est en nous. Chabat (le
labrador) et Bacri (le maître) sont excellents. Changement
de décor, changement d'image, Alain Corneau explore "son
côté noir" dans Le Cousin en lui confiant un flingue
("J'adore ça, ça fait tellement cinéma")
et Claude Berri lui laisse une petite place dans sa Débandade.
Film complètement crétin, pas drôle et ennuyeux
où seul Chabat sait rester sobre face aux problèmes
d'érection d'un Berri qui remporte la palme du plus mauvais
acteur de l'année. A éviter même par un temps
de chien. Bref, l'erreur est humaine, vivement Le Goût des
Autres d'Agnès Jaoui.
Acteur, réalisateur, scénariste, Alain Chabat est à l'aise dans tous
les registres. Du métier, il en parle volontiers: "J'ai
moins d'a priori... Mais je n'aime pas spécialement la compagnie
des vedettes. Et encore moins les comiques. Je ne suis pas trop
pour les concours de blagues." Du privé, motus. Il se
met sur les pattes arrière pour protéger son intimité,
celle de sa femme et de ses deux filles. Ses amis le définissent
comme un homme tendre, fan de dessins animés et de cinéma
fantastique; coquet avec ses pulls noirs, ses caleçons Calvin
Klein et ses lunettes de myope; très travailleur, ambitieux
avec une vraie conscience politique. Les intégristes, les
intolérants, l'extrême droite lui donnent des puces,
ses angoisses lui flanquent de l'eczéma.
Petit déjà, Alain était
dissipé, insolent envers ses profs, perpétuellement
en colère contre l'autorité. Allergie qui le pousse
à changer neuf fois de lycée entre la sixième
et la terminale. Son monde idéal c'était Disneyland
("J'avais même les plans d'un parc d'attractions qui
s'appelait Chabatland"), son
idole c'était Walt Disney.
Plus tard, pour échapper au service militaire, il passe un
mois en hôpital psychiatrique. Une chance finalement: lors
de sa sortie, il est tellement détendu qu'une radio l'engage
comme animateur.
C'est là, en 1984 à
RMC, où il porte le surnom de Gonzo, qu'il rencontre Pierre
Lescure, celui qui lui ouvrira les portes de Canal en lui offrant
une place à bord du Liberator dans le space opera culte d'Objectif:
Nul avant d'imposer son esprit très particulier dans Nulle
part ailleurs. Morceaux choisis de leur journal d'infos: "Ils
avaient un bras dans le ventre et un bras dans le dos. Ils n'avaient
qu'une narine au nez qui leur servait d'oreille droite. Ils avaient
un cou très fin et une jambe plus courte que l'autre, une
sur le sexe et une dans l'anus. Les Egyptiens n'étaient pas
dessinés de profil, mais bien de face. — Mireille Matthieu
se suicide d'une balle dans la tête. La balle ricoche
tou-jours.
— Son menton a soudainement quitté la paume de sa main droite
posée grâce à un coude et sa tête est
venue frapper lourdement le bureau. Une fois de plus, un fonctionnaire
s'est tué au travail." Et pour finir, si vous aimez
l'étymologie, en voici, en voilà: "Starlette:
petite star. Tartelette: petite tarte. Quéquette: petite
bite." Le reste appartient désormais à l'histoire
de la télé. Alain Chabat vit d'autres aventures en
restant toujours fidèle à sa théorie: "La théorie des 3D, c'est
quand c'est Dansant, quand ça Déconne et quand ça
Dénonce."
Véronique Krahenbuhl
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